Jacques MARMET

Opticien alpiniste

Seven Summits

Island Peak Novembre 2008

Retour

Le 11 novembre 2008, je suis de retour de mon trekking effectué en compagnie de mon frère Jean-Pierre 62 ans. La partie prévue avec lui s’est complètement bien déroulée, la météo était avec nous tout au long de ce trekking : ciel bleu, sans vent, aucune averse, des paysages à couper le souffle, une convivialité avec toutes les personnes que nous avons rencontrées quelque soit leurs origines ou nationalités, le bonheur de ce côté.
Petit regret nous avons sous estimé les longues heures d’attente dans les Lodges en fin de journée où les températures pouvaient chuter jusqu’à -5°, il nous est arrivé d’avoir 7 couches de vêtements thermiques pour résister au froid. L’erreur que nous avons faite est de ne pas avoir prévu de doudoune. Au niveau des chaussures nous avons fait l’intégralité du parcours en chaussures de trekking bien plus légères et agiles  que les Sportiva utilisées pour l’ascension de l’Island Peak. Méfiez vous des repas très frugaux pris dans les Lodge, pour les gros mangeurs prévoyez des compléments alimentaires.
Je rends hommage à notre sherpa : Ang Chhiring Sherpa de l’agence www.ecologytrek.com, qui s’est bien occupé de nous, sans nous materner pour autant. En contre partie nous avons passé de nombreuses heures à lui apprendre le français à sa demande, la France étant avec l’Allemagne le second pays après les U.S.A. à se rendre au Népal.
J’avais prévu après l’Island Peak d’effectuer sans mon frère l’ascension de l’Ama Dablam, avec une autre agence www.nepal-trek.com et un autre sherpa : Dorjee Khatri Sherpa, car j’avais été obligé d’avoir un autre permis. Le lendemain de mon arrivée au camp de base, j’ai effectué un portage avec mon sherpa jusqu’au camp n°1 à 5800m, très rapidement preuve que je m’étais bien acclimaté sur les sommets précédents, mais de retour au camp de base j’ai eu la mauvaise surprise de voir la dépouille mortelle d’un médecin français d’une autre expédition qui avait fait une chute de 400m quelques jours plus tôt et que les sherpas de son expédition avaient finis par retrouver et ramenés ici en vue d’un hélitroyage le lendemain. Je vais passer une nuit horrible à me poser plein de questions à côté de ce corps en pensant à ma femme et mes enfants restés en France, est-il bien sérieux de continuer si la montagne n’est pas suffisamment sécurisée ? Comble de malheur sur le point de repartir au camp n°1 pour continuer l’ascension, nous apprenons la mort d’un chinois qui a lui aussi chuté. Je prends alors la décision de ne pas continuer et je demande à mon sherpa d’aller récupérer mes affaires déposées la veille.
Je ne sais pas si j’ai pris la bonne décision, je crois qu’une montagne doit être respectée et apprivoisée, pour les népalais se sont des divinités, je n’ai pas voulu cette là forcer le destin pensant que ce n’était pas mon heure cette année ! Je reviendrai peut-être terminer cette ascension, si magnifique et d’envergure qu’est l’Ama Dablam.


Toutes les montagnes en dehors de l'Europe sont sujettes à autorisations au ministère du tourisme du pays concerné, voici mon permis pour l’Ama Dablam que j’ai partagé avec d’autres alpinistes internationaux afin de diviser le prix par autant de participants, c’est une pratique très courante.